AUX CHEVALIERS DU NŒUD COULANT
En dépit du courroux que vous fîtes paraître, Quand le sang d'un martyr eut rougi l'échafaud. On vous a vu bientôt, sur un signe du mcutre, Insulter la victime, exalter le bourreau. Depuis lors, piétinant sur le cadavre inerte De celui qui mourut pour défendre les siens, Vous n'avez eu qu'un but : consommer notre perte. Triomphez aujourd'hui, vils politiciens I Ah ! vous avez voulu nous traîner dans la boue Et souiller dans le sang votre immonde drapeau I Aux soufflets de vos chefs présentant notre joue, Vous nous avez livrés comme on livre un troupeau I Eh bien ! vos propres fils, évoquant la mémoire De vos tristes exploits, seront saisis d'horreur, Car vos ignobles noms, abhorrés dans l'histoire, Rediront notre honte et votre déshonneur.
Stoke Centre, 26 février 1887.