‹ Poésien diversen. Coups d'aile et coups de becChapitre 21 sur 100 · ENVOI · texte numérisé non relu

ENVOI

Littérateurs français du corps académique

Etabli depuis peu sur le sol canadien,

Je VOUS fais l'exposé plus vrai que poétique

Des abus dont se plaint le groupe famélique

Qui s'acharne à gravir le sommet parnassien,

Mamelon bien connu de l'académicien.

Cette cîme n'a pas de neiges éternelles ;

Mais l'éternelle dèche y règne, nous dit-on.

Du barde, qu'elle étreint dans ses serres cruelles,

Elle glace l'élan et l'inspiration.

Qui pourrait mieux que vous plaindre notre misère ?

Vous avez éprouvé nos tribulations.

Or, la littérature au peuple est nécessaire

Pour conrerver sa langue et ses traditions.

IN FORMA PAUPÊRIS 81

Consultez le passé : les fortes nations Ont toujours fait grand cas du talent littéraire. Notre peuple isolé, plus qu'un autre, a besoin Qu'on mette sous ses yeux les leçons de l'histoire. Il faut lui procurer d'autres titres de gloire Que les nobles exploits d'un passé déjà loin.

Je constate le mal 5 appliquez le remède.

Vous êtes nos aînés ; vous nous devez votre aide.

Tout travail, excepté le travail d'un auteur,

Se paye en beaux deniers : voilà pourquoi je plaide

La cause des copains contre l'entremetteur.

Qui plume à son profit le trop rare lecteur.

Vos efforts, j'en suis sûr, nous seront très utiles.

Vous saurez triompher des cabales hostiles.

Il nous faut un marché pour la prose et les vers,

Comme pour les radis et les petits pois verts.

Stoke Centre, avril 1887.

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