LA SESSION D'OTTAWA
Air : L* encens des fleurs embauma cet asile.
Les étranger.^ ont envahi la ville,
Le député se prend au sérieux,
Guilbaut se tait, Landry même est tranquille t
Les naturels paraissent tout joyeux.
A notre Louvre,
Chacun s*en va
Voir si Ton ouvre
La session d'Ottawa.
Pour figirer. Monsieur Kimbe»» attache Sa grande épée et ses autres atours. Avec plaisir, chacun remplit sa tâche : Le gouverneur daigne lire un discours.
Quelle affluence I
Quel brouhaha I
Lorsque commence
La session d'Ottawa.
LA SESSION d'OTTAWA 109
Des policiers ont contenu la foule.
Un triple hpurra retentit au dehors, L'airain mugit, on dirait que tout croule J!t le tambour bat dans les corridors.
Quel bruit immense I
Quel brouhaha !
Lorsque commence
La sessiop d'Ottawa.
.'Salves, discours, saluts, flots d'harmonie Durent bien peu, mais, pour être dispos, Lorsque finit cette cérémonie, On prend au moins trois grands jours de repos.
On se délasse.
Il faut voir ça.
Avant qu'on passe
La session d'Ottawa.
•Or, il faudra discuter sans colère Et divaguer en un style élégant.
Des employés, pour gagner leur salaire, Le toucheront : c'est déjà fatiguant.
Quelle misère
Pour ces gens là !
Peuvent-ils faire
La session u 'Ottawa ?
Nos députés vont reprendre l'ouvrage Et prononcer des discours ennuyeux ] Nos sénateurs, redoublant de courage, Pour bien dormir, s'étendront de leur mieux.
Le chef de file
Gouvernera :
C'est très utile
La session d'Ottawa.
LE MANDATAIBE
AïK : Que faiine à voir les hirondelles.
Que j'aime à voir les mandataires S'asticoter bien proprement Pour approfondir les mystères De notre cher gouvernement I MacMaster propose une adresse Et gesticule avec ardeur, A son tour, Belleau se redresse Et nous émeut par sa candeur.
Puis Blake, un garçon très capable^ Nous fait un discours sérieux, D'une longueur épouvantable, Ce qui rend John A. furieux :
Macdonald se lève et proclame Que tous ses amis ont raison Et que celui qui les diffame Devrait rester à la maison.
112 OHANSONS DIVERSES
Dès que les dernières gelées Font rougir les nez restés blancs, Que les dernières giboulées Nous annoncent le doux printemps, Vous voyez fuir le mandataire, De politique dégoûté, Qui retourne au fond de sa terre Jouir de son indemnité.
Si, par bonheur, dans le voyage,
Il avait mi bon mouvement,
S'il descendait sur une cage
A la fin de l'hivernement.
Pour être utile à l'industrie.
S'il ramait d'un bras vigoureux.
Il servirait mieux la patrie.
Qu'en nous débitant des mots creux.
Mais loin d'imiter l'hirondelle Amoureuse du gazon vert, Il revient brûler la chandelle Par les deux bouts pendant l'hiver.
Trois mois durant, le mandataire Se prélassant dans des traîneaux, Vit aux dépens du prolétaire.
Tout comme les autres moineaux.