AU CLAIR DE LA LUNE
Au clair de la lune Mon ami Chapleau, Monte à la tribune Pour nous dire un mot.
Depuis deux semaines, On ne parle plus ; De tels phénomènes Semblent superflus.
Peuple débonnaire, Où sont tes flatteurs.
Du cinquantenaire Fougueux orateurs ?
L'éloquence est morte Depuis le banquet. * Vaillante cohorte, Rends nous ton caquet.
* Le bauqnet de la Saint -Jean-Baptiste.
Grotesques parades.
Mouvements confus, Jeux, bruits, mascarades, Boniments diffus.
Ardentes paroles ■ Et cris triomphants Ont fourni des rôles A nos grands enfants.
Pierre, à qui la langue Démangeait beaucoup.
Disait : '^ Ma harangue " Me lance du coup. " Il fallait s^inscrire D'avance au Congrès :
11 n'a pu la lire De là ses regrets.
Quelques bons apôtres, Qui s'étaient inscrits, Réservent pour d'autres Leurs longs manuscrits.
Leurs fierté discrète Nous a fait grand tort. Car sans eux la fête Durerait encor.
AU OLAIB DR LA LVVB 139
Au clair de la lune.
Mon ami Chapleau, Vois notre infortune ; Déchaîne le flot De ton éloquence Viens nous amuser ; Les gens d'importance Sont faits pour jaser.
AH! LE CKUCHON
AiR; Ca n*se peut pas.
Dans ma jeunesse un peu nfuve, J'avais grand besoin de leçons ) J'admirais fort Tallure vive Des pochards et des polissons.
Un jour que je comblais d'éloges Une espèce de cornichon, On me dit : Ta place est aux loges* Ahl le cruchon, [bis)
Depuis lors, brodant sur ce thème, Je grogne et je trouve tout mal j Je lance partout Panathème, Et tout me paraît anormal.
Ma vertu veut que j'interdise Tout ce qui parait folichon j Pour un rien, il faut que je dise :
Ah I le cruchon, [bis)
* Maison de santé, d'après le langage populaire.