‹ Poésien diversen. Coups d'aile et coups de becChapitre 42 sur 100 · AU CLAIR DE LA LUNE · texte numérisé non relu

AU CLAIR DE LA LUNE

Au clair de la lune Mon ami Chapleau, Monte à la tribune Pour nous dire un mot.

Depuis deux semaines, On ne parle plus ; De tels phénomènes Semblent superflus.

Peuple débonnaire, Où sont tes flatteurs.

Du cinquantenaire Fougueux orateurs ?

L'éloquence est morte Depuis le banquet. * Vaillante cohorte, Rends nous ton caquet.

* Le bauqnet de la Saint -Jean-Baptiste.

Grotesques parades.

Mouvements confus, Jeux, bruits, mascarades, Boniments diffus.

Ardentes paroles ■ Et cris triomphants Ont fourni des rôles A nos grands enfants.

Pierre, à qui la langue Démangeait beaucoup.

Disait : '^ Ma harangue " Me lance du coup. " Il fallait s^inscrire D'avance au Congrès :

11 n'a pu la lire De là ses regrets.

Quelques bons apôtres, Qui s'étaient inscrits, Réservent pour d'autres Leurs longs manuscrits.

Leurs fierté discrète Nous a fait grand tort. Car sans eux la fête Durerait encor.

AU OLAIB DR LA LVVB 139

Au clair de la lune.

Mon ami Chapleau, Vois notre infortune ; Déchaîne le flot De ton éloquence Viens nous amuser ; Les gens d'importance Sont faits pour jaser.

AH! LE CKUCHON

AiR; Ca n*se peut pas.

Dans ma jeunesse un peu nfuve, J'avais grand besoin de leçons ) J'admirais fort Tallure vive Des pochards et des polissons.

Un jour que je comblais d'éloges Une espèce de cornichon, On me dit : Ta place est aux loges* Ahl le cruchon, [bis)

Depuis lors, brodant sur ce thème, Je grogne et je trouve tout mal j Je lance partout Panathème, Et tout me paraît anormal.

Ma vertu veut que j'interdise Tout ce qui parait folichon j Pour un rien, il faut que je dise :

Ah I le cruchon, [bis)

* Maison de santé, d'après le langage populaire.

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