‹ Poésies, 1855-1870Chapitre 13 sur 38 · LA FUITE EN EGYPTE · texte numérisé non relu

LA FUITE EN EGYPTE

o4 Léon T>e 'Bellée.

I 'aime un petit tableau d'un vieux maître flamand ; Sur le tablier bleu de la vierge Marie, L'œil clos, mais souriant de sa bouche fleurie. Repose, nimbé d'or, un blond Jésus dormant;

Et le bon saint Joseph, dont la barbe grisonne, Vêtu comme un ancien marinier de Harlem, Dans sa barque conduit l'enfant de Bethléem Et la mère, une chaste et robuste Frisonne.

Où sont-ils?... Sur un bras de la Meuse, à Dordrecht. Ses deux ailes en croix, un moulin près du fleuve Tourne... et patiemment au fil des eaux s'abreuve, Droite sur un seul pied, la cigogne au long bec.

Un lourd cheval de Gueldre, au chemin de halage. Aidant la grosse voile où le vent s'arrondit. Tire, naseaux fumants... la corde se raidit... On aperçoit au fond le clocher d'un village.

Le maître a peint son œuvre en fervent chroniqueur. Q.u'importent le pays, le costume ou l'époque. Si, dans les souvenirs que son génie évoque. On reconnaît sa main, sa lumière et son cœur?

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