REFUGE
^i ïSCadame ^imélie Hayei
Ct N cheminaat de Vire à Saint-Aubin-des-Bois, — Même longtemps après que la pomme est gaulée, — On uouve un bon refuge, à l'abri des vents froids : Un vieux hameau normand dans son creux de vallée.
Le pays est profond. — Le ciel noir des hivers Inquiète fort peu la belle vache rousse Qui s'en va pâturant tout du long ses prés verts. Où, pour l'œil et la dent, à souhait l'herbe pousse.
Le chêne est bronzé d'or par l'adieu des soleils. Jusqu'aux printemps futurs la feuille reste aux branches L'aubépine et le houx portent des fruits vermeils; Le gui des peupliers, de grosses perles blanches.
Dans la brume éveillés, rouge-gorge et pinson, Conservant un cœur chaud sous la feuille flétrie, Savent, à voix d'argent, redire leur chanson. Ils sont trop bien chez eux pour changer de patrie.
Et souvent, dès l'aurore, un petit chevrier Reconnaît au parfum, sous son toit de vieux chaume, Une fleur qui n'a pas attendu février Pour éclore... déjà la violette embaume.