‹ Poésies, 1855-1870Chapitre 26 sur 38 · VILLE DE MER · texte numérisé non relu

VILLE DE MER

^i C^C. 'Désiré 'X^isard,

J^ ES goélands de neige aux plumes diaphanes Rasent le vert miroir tranquille des eaux planes. Surpris d'y rencontrer tant d'oiseaux ressemblants. Ils se croisent nombreux comme des hirondelles, Mêlant un cri de joie à leurs virements d'ailes, Avec l'or du soleil dans leurs tourbillons blancs.

C'est un matin d'hiver où plus d'un grand navire. De toute sa hauteur, complaisamment se mire

l82 PAYSAGES DE MER

Dans le flot de marée aux lougs remous dormants ; Fier d'y revoir sa coque et sa fine mâture, Et de lire son nom, bien écrit en peinture. Blanc sur fond noir, qui tremble à ses miroitements.

Et la petite barque à gracieuse allure.

Comme une aile d'oiseau manœuvrant sa voilure.

Regarde, en dessous d'elle, aux profondeurs de l'eau,

I^s maisons de granit à hautes cheminées

Où de ses bons marins les familles sont nées :

— C'est une claire image en mer de Saint-Malo;

Par un jour de Noël. — Les cloches ébranlées Sur les flots et la grève épandent leurs volées; Villes, bourgs et hameaux sont tous carillonnants: Saint-Servan, Saint-Briac et Saint-Mêloir-des-Ondes Font tressaillir en chœur dans leurs fosses profondes Les os déjà poudreux des vieux saints bretonnants.

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