‹ PoésiesChapitre 16 sur 87 · LE CHOC · texte numérisé non relu

LE CHOC

Françoise dit à Dante en penchant son front blême : « Un cœur noble à l'amour résisterait en vain, Car l'amour nous contraint d'aimer quand on nous aime » Ah! ce mot n'est pas vrai! Ce mot est trop divin!

Plus d'un cœur noble est dur quand l'amour vrai l'appelle Qui s'attendrit soudain pour quelque faux serment. Sur plus d'un front aimé le mot jamais s'épelle; Que de lèvres ont ri des larmes d'un amant!

Pourquoi? Qui le saura? Que le blessé guérisse! Le poëte a l'amour, la femme a la beauté. La femme veut du sang dont son fard s'enchérisse ) L'autre enfonce à jamais le trait dans son côté.

Elle triomphe et rit; il se souvient et pleure; Contemplateur d'abîme au vertige fatal, A qui s'en prendrait-il de l'espoir qui le leurre? Qu'il souffre ! C'est sa faute ! Il inventa son mal !

Oh ! le choc éternel ! Deux éclairs, une cible ; Deux yeux, un cœur qui bat sans revanche à son tour ; Un rayon qui transperce, une plaie invisible ; La femme a la beauté, le poëte a l'amour !

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