‹ Poésies, 1864-1887Chapitre 39 sur 141 · LES DEUX TOMBEAUX · texte numérisé non relu

LES DEUX TOMBEAUX

G)mme Timour avait la piété funèbre

Des sages qui souvent se disent qu'ils mourront,

Il s'inclinait, touchant le sépulcre du front.

Le chef des cavaliers aux longs bonnets de feutre Voulut qu'on épargnât Thous comme ville neutre, Après qu'on l'eut forcée, un jour du Ramazan, Parce que Firdousi, le poète persan, Avait jadis passé dans Thous sa vie entière. Il alla visiter sa tombe au cimetière, Et, comme un charme étrange attirait son esprit Vers cette sépulture, il voulut qu'on l'ouvrît.

Le cercueil du poète était jonché de roses.

Timour se demanda quelles métamorphoses,

Après que le dernier de ses jours aurait lui.

Pourrait subir le corps d'un héros tel que lui ;

Et, regagnant les hauts plateaux de sa patrie,

Il passa par Cara-Koroum, en Tartarie,

Où Djinghiz-Khan repose en un temple d'airain.

On souleva devant l'illustre pèlerin,

Tombé sur les genoux et courbant son échine,

Le marbre qui couvrait le vainqueur de la Chine;

Mais Timour détourna la tête en frémissant.

La tombe du despote était pleine de san».

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