‹ Poésies, 1864-1887Chapitre 74 sur 141 · SERMENT · texte numérisé non relu

SERMENT

poète trop prompt à te laisser charmer, Si cette douce enfant devait t'être ravie, Et si ce cœur en qui tout le tien se confie Ne pouvait pas pour toi frémir et s'animer?

N'importe! ses yeux seuls ont su faire germer Dans mon âme si lasse et de tout assouvie L'amour qui rajeunit, console et purifie, Et je devrais encor la bénir et l'aimer.

Heureux ou malheureux, je lui serai fidèle; J'aimerai ma douleur, puisqu'elle viendra d'elle Qui chassa de mon sein la honte et le remord.

Vierge dont les regards me tiennent sous leurs charmes. Si tu me fais pleurer, je bénirai mes larmes; Si tu me fais mourir, je bénirai la mort !

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