‹ Poésies, 1864-1887Chapitre 76 sur 141 · JANVIER · texte numérisé non relu

JANVIER

OoNGES-TU parfois, bien-aimce, Assise près du foyer clair, Lorsque sous la porte fcrm<Je Gémit la bise de l'hiver,

Qu'après cette automne clémente, Les oiseaux, cher peuple étourdi, Trop tard, par un jour de tourmente, Ont pris leur vol vers le Midi ;

LES MOIS

Que leurs ailes, blanches de givre, Sont lasses d'avoir voyagé; Que sur le long chemin à suivre Il a neigé, neigé, neigé;

Et que, perdus dans la rafale, Ds sont là, transis et sans voix, Eux dont la chanson triomphale Charmait nos courses dans les bois?

Hélas! comme il faut qu'il en meure De ces émigrés grelottants !

Y songes-tu ? Moi, je les pleure, Nos chanteurs du dernier printemps.

Tu parles, ce soir où tu m'aimes, Des oiseaux du prochain Avril !

Mais ce ne seront plus les mômes, Et ton amour attcndra-t-il ?

Page 1