‹ Poésies, 1864-1887Chapitre 79 sur 141 · AVRIL · texte numérisé non relu

AVRIL

»ORSQ.u'uN homme n'a pas d'amour, Rien du printemps ne l'intéresse; Il voit même sans allégresse, Hirondelles, votre retour;

Et, devant vos troupes légères Qui traversent le ciel du soir, Il songe que d'aucun espoir Vous n'êtes pour lui messagères.

Chez moi ce spleen a trop duré, Et quand je voyais dans les nues Les hirondelles revenues.

Chaque printemps, j'ai bien pleuré.

Mais, depuis que toute nu vie A subi ton charme subtil, Mignonne, aux promasses d'Avril Je m'abandonne et me confie.

Depuis qu'un regard bien aimé A fait refleurir tout mon être.

Je vous attends à ma fenêtre.

Chères voyageuses de Mai.

Venez, venez vite, hirondelles.

Repeupler l'azur calme et doux.

Car mon désir qui va vers vous S'accuse de n'avoir pas d'ailes.

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