‹ Poésies, 1871-1883Chapitre 36 sur 41 · MARINE · texte numérisé non relu

MARINE

«y? Fernand Tiarfhe.

J. ouT le ciel était noir comme une immense ardoise (Un vrai ciel de la Manche), et tout l'Océan vert. Tantôt vert d'émeraude et tantôt bleu turquoise. — Comme un oiseau de neige, à l'essor grand ouvert.

Au loin apparaissait une mouette blanche, A l'extrême limite où la mer touche au ciel. Seule, rasant les flots tourmentés de la Manche, Qui se parlent entre eux un langage éternel.

236 SOIRS d'hiver

Et tandis que la mer déferlait à voix haute,

Les vieux ormes troublés qui, depuis trois cents ans,

Aux fissures des rocs s'agitent sur la côte

En voyant écumer, nuit et jour, les brisants.

Dans cette grosse houle aux funèbres cadences,

Les ormes se penchaient avec frémissement

(Comme pour échanger de graves confidences)

L'un vers l'autre... et parfois s'écartaient brusquement.

Redressant en sursaut leurs cimes effarées...

Rien ne pouvait sans doute apaiser leurs tourments...

Savaient-ils où gisaient les barques égarées

Et les marins perdus sous les algues dormants?

MILLET. — TIOUSSE^U

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