LA STATUE
(Sonnet.)
Les statues solitaires où, dans le visage marmoréen, parfois, quand je pensais, j'ai vu ma propre pensée, et parfois mon véritable rêve recueilli dans les yeux inertes,
S'effacent lentement dans l'épaisseur des nobles forêts qui sont leur empire; et je ne les y cherche plus : car ma seule espérance est dans le marbre où je serai enseveli.
Mais il ne faut pas qu'un humble marbre couvre ma tombe creuse; il faut qu'y trône une suprême forme de l'Art. Voici quel est mon vœu :
Dormir dans le sépulcre sur lequel pèse la masse colossale et surhumaine de ta fille la Nuit, ô Michel- Ange !