‹ Poésies, 1878-1893Chapitre 21 sur 141 · SOUVENIR DE RIPETTA · texte numérisé non relu

SOUVENIR DE RIPETTA

(Sonnet.)

Et dans mon âme je vous vois encore telle que d'abord je vous aimai. Haute et flexible vous passiez, souriante et lumineuse, par la claire gelée de ce matin d'hiver.

Derrière vous, la servante portait de longues branches d'amandier. Sans le savoir, vous laissâtes derrière vous un beau rêve floréal à celui qui vous regardait.

Du chemin clair et solitaire s'élançaient vers le ciel de turquoise beaucoup d'amandiers en fleurs, comme par magie ;

Et au milieu de cette forêt fantastique se dressait le palais du prince Borghèse, tel un grand clavecin d'argent.

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