‹ Poésies, 1878-1893Chapitre 23 sur 141 · LA GAVOTTE · texte numérisé non relu

LA GAVOTTE

(Sonnet.)

Hier, un vif rondeau de Cimarosa, joué sur l'épinette, réveilla enfin les échos endormis dans les fonds des tapisseries décolorées et entre les grands rideaux couleur de rose.

Aujourd'hui, le soleil, avec une joie impétueuse, répand l'or sur la langueur des teintes douces. A ses chaudes invites, il semble qu'une âme neuve sourie dans toutes les choses mortes.

La dame est penchée sur l'épinette. Chacun de mes vers, selon le rythme de l'Adagio, monte le long de sa nuque jusqu'au nimbe de ses cheveux.

Mais, tandis que je lui chuchote mon madrigal, elle éclate d'un de ses beaux rires méchants et elle passe à une gavotte de Jommelli.

Page 1