‹ Poésies, 1878-1893Chapitre 37 sur 141 · LA DOUCE GRAPPE · texte numérisé non relu

LA DOUCE GRAPPE

(Nona rima.)

O Madame Isaotta, le soleil est né vermeil au sommet de la belle colline d'Orlando, et il a, sur vos balcons, ravivé les roses qui mouraient en se décolorant. Que maintenant se lève du large lit de brocart votre beauté rayonnante de lumière. O Madame Isaotta, le soleil, qui vous aime, vous appelle par un chant lumineux; et, de temps à autre, les paons crient.

Entendez-vous monter nos prières? ou le sommeil vous tient-il encore entre ses bras? Doux serait à nos yeux de voir les premiers rayons sur votre face où les broderies de l'oreiller ont, pendant la nuit, marqué leur trace rose. Votre sein palpite-t-il d'un émoi plus rapide aux appels de notre voix, tandis que la servante vous lace votre haut corsage?

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