‹ Poésies, 1878-1893Chapitre 54 sur 141 · A L'IDÉAL · texte numérisé non relu

A L'IDÉAL

(Sonnet.)

Tu es la lumière limpide et tranquille où se perd le mal dans les esprits dévoyés, comme se perdait au vent, écrite sur les feuilles, la sentence de la Sibylle.

Tu es la fontaine qui chante et brille dans l'aube, et appelle vers ses eaux les altérés : ils accourent comme les abeilles avides vers le lys qui distille le miel le plus pur.

Mais, moi, je ne puis voir ta souveraine lumière : car un baiser cruel pèse encore sur mes paupières enflammées.

Moi, je ne puis boire à ta bienfaisante fontaine : car un baiser cruel endolorit encore cette bouche qui haletait si fort après toi.

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