‹ Poésies, 1890-1896Chapitre 71 sur 81 · A UNE CHANTEUSE DES RUES · texte numérisé non relu

A UNE CHANTEUSE DES RUES

Ïetite zingarelle à voix d'or, tu nous charmes, Et nous ouvrons l'oreille à tes enchantements. Ton accent pur va droit à la source des larmes Et réveille en nos cœurs de longs échos dormants.

Sous tes grands cheveux noirs, mince, pâle, amaigrie, Errante par le monde en fille d'Israël, Si tu nous vins à pied des steppes de Hongrie, Nous voyons dans tes yeux resplendir tout un ciel.

l82 CHANSONS DES NIDS ET DES BERCEAUX

Comme les rossignols, ignorant ton génie,

Tu chantes... les heureux s'enivrent de ta voix,

Et les infortunés te disent : « Sois bénie, »

En évoquant pour nous les bonheurs d'autrefois !

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