‹ PoésiesChapitre 61 sur 71 · A MADAME DELPHINE DE GIRARDIN · texte numérisé non relu

A MADAME DELPHINE DE GIRARDIN

Lorsque sur ton beau front riait l'adolescence. Lorsqu'elle rougissait sur tes lèvres de feu, Lorsque ta joue en fleur célébrait ta croissance, Quand la vie et l'amour ne te semblaient qu'un jeu ;

Lorsqu'on voyait encor grandir ta svelte taille

Et la Muse germer dans tes regards d'azur ;

Quand tes deux beaux bras nus pressaient la blonde écaille

Dans la blonde forêt de tes cheveux d'or pur ;

Quand des rires d'enfant vibraient dans ta poitrine Et soulevaient ton sein sans agiter ton cœur, Tu n'étais pas si belle en ce temps-là, Delphine, Que depuis ton air triste et depuis ta pâleur !

15 avril 1848.

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