ON DIT QU’ELLE FUT BELLE
On dit qu'elle fut belle en la belle jeunesse, Brune blanche à l'œil velouté,
Que nulle plus riante avec plus de finesse,
Avec plus de goût n’a chanté.
Elle échappa sans peine à la mélancolie ;
Heureuse, elle n’a jamais eu Dans cette coupe en fleurs de ses jours, d’autre lie Que son frais printemps disparu.
Ah! cruelles toujours seront nos destinées !
Si fort qu’on ait noué ses doigts Aux belles grappes d’or de ses jeunes années. Les lèvres n’y vont qu’une fois. . .
A ELLE
A ELLE
A ELLE
Toi qui portes au front la blancheur de ton ânre, Et dont h œil animé d’une pieuse flamme Interroge les cieux ;
Pourquoi sourire ainsi ? jeune fille imprudente, De ton ange gardien est-ce l’ombre contente Qui se montre à tes yeux ?
Vois-tu dans le beau rêve où ton cœur s'abandonne Dieu poser sur ta tête une blanche couronne, Vierge aux grandes vertus ;
Ou bien, sentant déjà des transports plus intimes Visites-tu les cieux sur tes ailes sublimes, Compagne des élus ?
Mais un rêve aussi saint aurait-il ses alarmes ?
Réponds, réponds, ma sœur,
Pourquoi soupires-tu? tes yeux sont pleins de larmes Quoi, n’as-tu point vu fuir une ligne brillante ? Jeune fille craintive, une étoile filante Fait donc battre ton cœur ?
Ali ! quand tu reviendras errer sur cette rive, Cache mieux le secret qui te rend si pensive.
Car je puis dire moi :
Toi, dont l’astre éclipsé fait naître ses alarmes. Oubliant son dédain, vite, sèche tes larmes,
Elle pensait à toi !