‹ PoésiesChapitre 112 sur 113 · L'AUTEUR A UN AMI · texte numérisé non relu

L'AUTEUR A UN AMI

JL ORS QUE, du ciel léger chassant les hirondelles. L'automne en frissonnant ramène les longs soirs, La grand'ville reçoit nos deux tctcs fidèles. Que parfuma la fleur des sauvages terroirs.

Un logis nous attend dans quelque rue aimée Des prêtres, des vieillards, des chats et des savants. Vers nos fenêtres monte une jaune ramée. Nous entendons tinter les cloches des couvents.

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Nos têtes, tout le jour sur la tâche inclinées. S'appliquent en silence à des pensers nouveaux. Car ta vie et la mienne, en nos jeunes années. Sont deux lampes brûlant sur de calmes travaux.

Fatigués vers le soir de la plume et du livre. Dans le proche jardin nous errons bien souvent. Toujours surpris de vivre et de regarder vivre. Nous jetons de vains mots emportés par le vent.

Un avare soleil de novembre s'incline Et chasse les enfants, et les jeux et les cris. Seul l'occident revêt une teinte opaline; Le cygne du bassin vogue sous un ciel gris.

La bise fait rouler les feuilles du platane Au sable de Vallée et fouette également Les cheveux tout blanchis au col d'une soutane Et le tulle qui presse un visage charmant.

Et nous montons, ami, sur les belles terrasses. Là, des couples troublés viennent s'entretenir Sous le marbre où. revit, fleur des anciennes races. Quelque dame de France au plaisant souvenir.

l'auteur a un ami 263

Les mortes, en leurs temps jeunes et désirées. D'un frisson triste et doux troublent nos sens rêveurs; Et la fuite des jours, le retour des soirées Nous font goûter la vie avec d'après saveurs.

La retraite aux tambours nous chasse vers la rue. Et, quand la vague nuit réveille le désir. Tu me parles, ami, d'une forme apparue, Blanche et noire, et trop chère, impossible à saisir.

Novembre 18. ,.

NOTES

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