‹ PoésiesChapitre 26 sur 113 · UN SÉNATEUR ROMAIN · texte numérisé non relu

UN SÉNATEUR ROMAIN

uA GcromCj peintre.

v^ÉSAR, sur le pavé de la salle déserte, Sous sa toge aux grands plis, gît dans sa majesté. Le bronze de Pompée avec sa lèvre vene A ce cadavre blanc sourit ensanglanté.

L'âme, qui vient de fiiir par une route ouverte Sous le fer de Brutus et de la Liberté, Triste, voltige autour de sa dépouille inerte Où l'indulgente Mort mit sa pâle beauté.

Et sur le marbre nu des bancs, tout seul, au centre, Des mouvements égaux de son énorme ventre Rythmant ses ronflements, dort un vieux Sénateur.

Le silence l'éveille, et, l'œil trouble, il s'écrie D'un ton rauque, à travers l'horreur de la Curie * « Je vote la couronne à César dictateur! »

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