AU POÈTE
Il se mêle, subtil, au jour que nous voyons. Et vient nous aflfranchir du temps et de l'espace; Un frisson glorieux saisit nos cœurs, où passe Son âme dispersée en ses créations.
Son souffle sibyllin autour de nous fait naître Un astre enchanté, plein de suaves couleurs, De parfums, de regards, de sourires, de pleurs, Et multiplie en nous la joie immense d'être.
Que pour nous l'univers se baigne tout entier Des effluves charmants de la pensée humaine 1 Que sur tous les chemins où le destin nous mène Tes apparitions se lèvent, ô Gautier!
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L'ombre versait au flanc des monts sa paix bénie, Le chemin était bleu, le feuillage était noir, Et les palmiers tremblaient d'amour au vent du soir. L'enfant de Magdala, la fleur de Béthanie,
Gémissait dans la pourpre et l'azur des coussins. Le grand épervier d'or des femmes étrangères Agrafait sur son front les étoffes légères; La myrrhe tiédissait dans l'ombre de ses seins ;