V. 330. Racine, Phèdre, IV, vi
. . . Puisse ton supplice a jamais effrayer Tous ceux qui comme toi, par de lAclies adresses. Des princes mallieureux nourrissent les foibless(s , Les poussent au penctiant où leur cœur est enclin, Et leur osent du crime aplanir le chemin I Détestables flatteurs, présent le plus funeste Que puisse faire aux rois la colère céleste I V. 335. Le Psalmiste, XIII, 3; en pjirlant de la corruption des hommes : >i Sert pulcrum patens est guttur eorum : linguis suis dolose agebant : venenuiii aspidum « sub labiis eoram. Quorum os malediclione et amaritudine plénum est. » Passage que rappelle saint Paul, Ép. aux Rom. 111, 13.
V. 33G. VNjdre, belle expression qu'André avait remarquée dansMalherbe(p. 28). Le mot Hydre est tëmjnin; André le lait masculin.
Lxxxiv LE JEU DE PAUME
Vers quiconque est devenu maître; Si, voués au lacet, de faibles accusés
Expirent sous les mains de leurs coupables frères; 3-40 Si le meurtre est vainqueur ; si des bras insensés
Forcent des toits héréditaires ;
C'est bien. Fais-toi justice, ô peuple souverain,
Dit cette cour lâche et hardie.
Ils avaient dit : C'est bien, quand, la lyre à la main, 345 L'incestueux chanteur, ivre de sang romain,
Applaudissait à l'incendie.
Ainsi de deux partis les aveugles conseils
Chassent la paix. Contraires, mais pareils. Dans un égal abîme, une égale démence 3.50
De tous deux entraîne les pas.
L'un, Vandale stupide, en son humble arrogance. Veut être esclave et despote, et s'offense
Que ramper soit honteux et bas ; L'autre arme son poignard du sceau de la loi sainte : 355
Il veut du faible sans soutien
Savourer les pleurs ou la crainte.
V. 344. Tournure poétique qui rappelle Racine, Atli. II, ix :
Rions, chantons, dit cette troupe impie. V. 345. On trouve, dans les fragments des OEuvres en prose, p. 273, cette phrase qui se rapporte exactement à ce passage : « Ces vils sophistes, à chaque excès, etc..
disaient : C'est bien » — Racine, Béréii. II, II, a exprimé la même pensée :
Paulin.
r.a cour sera toujours du parti de vos vœux.
Trrus.
l'.t Je l'ai vue aussi, cette cour peu sincère, A ses niailres toujours trop soifjncuse de plaire, Des crimes de Néron approuver les horreurs; Je l'ai vue à genoux consacrer ses fureurs.
A LOUIS DAVID lxxxv
L'un, du uoni de sujet, l'autre de citoyen, Masque son ame inique et de vices flétrie : L'un sur l'autre acharnés, ils comptent tous pour rien 360 Liberté, vérité, patrie.
De prières, d'encens prodigue nuit et jour,
Le fanatisme se relève.
Martyrs, bourreaux, tyrans, rebelles tour à tour; Ministres effrayants de concorde et d'amour, 365
Venus pour apporter le glaive ; Ardents contre la terre à soulever les cieux,
Rivaux des lois, d'humbles séditieux, De trouble et d'analhème artisans implacables...
Mais où vais-je ? L'œil tout-puissant 370
Pénètre seul les cœurs à l'homme impénétrables. Laissons cent fois échapper les coupables
Plutôt qu'outrager l'innocent.
Si plus d'un, pour tromper, étale un faux scrupule,
Plus d'un, par les méchants conduit, 375
N'est que vertueux et crédule.
De l'exemple éloquent laissons germer le fruit. La vertu vit encore. Il est, il est des âmes Où la patrie aimée et sans faste et sans bruit
Allume de constantes flammes. 380
V. 369. « Artisan de trouble. » Belle expression ; c'est Yart'tfex des Latins. Sénèque le tragique l'aimait beaucoup. Voy. Hipp. 559; Médée, 734. Dans les Troyennes, 750, Andromaque appelle Ulysse :
O machinator fraudis, o scelcrum arlifox.
Est vertueux bien que crédule.
Lxxxvi LK JKU DE PAUME
Par ces sages esprits, forts contre les excès,
Rocs affermis du sein de l'onde.
Raison, fille du temps, tes durables succès Sur le pouvoir des lois établiront la paix.
Et vous, usurpateurs du monde, 385
Rois, colosses d'orgueil, en délices noyés.
Ouvrez les yeux : hâtez-vous. Vous voyez Quel toui^billon divin de vengeances prochaines
S'avance vers vous. Croyez -moi.
Prévenez l'ouragan et vos chutes certaines. 390
Aux nations déguisez mieux vos chaînes ;
Allégez-leur le poids d'un roi.
Effacez de leur sein les livides blessures,
Traces de vos pieds oppresseurs.
Le ciel parle dans leurs murmures. 395
Si l'aspect d'un bon roi peut adoucir vos mœurs.