‹ PoésiesChapitre 188 sur 341 · LIVRE II — LYCORIS · texte numérisé non relu

LIVRE II — LYCORIS

Et sitôt que. mon cœur est en proie au chagrin,

.le les vois revenir le front doux et serein.

J'étais seul, je mourais. Seul, Lycoris absente

De soupçons inquiets m'agite et me tourmente.

Je vois tous ses appas, et je vois mes dangers ; 15

Ah! je la vois livrée à des bras étrangers.

Elles viennent ! leurs voix, leur aspect me rassure :

Leur chant mélodieux assoupit ma blessure ;

Je me fuis, je m'oublie, et mes esprits distraits

Se plaisent à les suivre et retrouvent la paix. 20

Par vous, Muses, par vous, franchissant les collines,

Soit que j'aime l'aspect des campagnes sabines.

Soit Catile ou Falerne et leurs riches coteaux,

Ou l'air de Blandusie et l'azur de ses eaux :

Par vous de l'Anio j'admire le rivage, 25

Par vous de Tivoli le poétique ombrage,

Et de Bacchus, assis sous des antres profonds,

La nymphe et le satyre écoutant les chansons.

Par vous la rêverie errante, vagabonde.

Page 1