‹ PoésiesChapitre 212 sur 341 · LIVRE II — CAMILLE · texte numérisé non relu

LIVRE II — CAMILLE

(^u'iin autre soit le roi de ses festins secrets : 70

Que tous deux en riant ils me nomment peut-être ; De ses cheveux épars qu'un autre soit le maître ; Qu'un autre ait ses baisers, son cœur ; qu'une autre main Poursuive lentement des bouquets sur son sein ? Un autre ! Ah ! je ne puis en souffrir la pensée ! 75

Riez, amis, nommez ma fin-eur insensée.

Vous n'aimez pas, et j'aime, et je brûle, et je pars Me coucher sur sa porte, implorer ses regards : Elle entendra mes pleurs, elle verra mes larmes ; Et dans ses yeux divins, pleins de grâces, de charmes, 80 Le sourire ou la haine, arbitres de mon sort, Vont ou me pardonner, ou prononcer ma mort.

Il n'est donc plus d'espoir, et ma plainte perdue A son esprit distrait n'est pas même rendue 1 Couclîons-nous sur sa porte. Ici, jusques au jour Elle entendra les pleurs d'un malheureux amour.

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