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AUX DEUX FRÈRES TRUDAINE

Amis, couple chéri, cœurs formés pour le mien,

.le suis libre : Camille à mes yeux n'est plus rien ;

L'éclat de ses yeux noirs n'éblouit plus ma vue.

Mais cette liberté sera bientôt perdue ;

Je me connais. Toujours je suis libre et je sers ; 5

Etre libre pour moi n'est que changer de fers.

Autant que l'univers a de beautés brillantes,

Autant il a d'objets de mes flammes errantes.

Mes amis, sais-je voir d'un œil indifférent

Ou l'or des blonds cheveux sur l'albâtre courant, lo

Ou d'un flanc délicat l'élégante noblesse ,

Ou d'un luxe poli la savante richesse ?

Sais-je persuader à mes rêves flatteurs

Que les yeux les plus doux peuvent être menteurs?

XXII. — V. 8. André se peint comme le Thésée de Racine, Phèdre, II, V :

Volage adorateur de mille objets divers. Cf. Anacréon, XXXII, XXXIII ; Posidippe, Anal. II, p. 47, VIII. Ovide, Àm. II, iv

Centiim sunt causac cur ego sctnper anieiii. Régnier, Sat. YII :

Et comme à bien aimer mille causes m'invitent, Aussi mille beautés mes amours ne limitent; Kt courant çà et là, je trouve tous les jours En des sujects nouveaux de nouvelles amours. Kl La Fontaine, Élég. V :

Que faire î mon destin est tel qu'il faut que j'aime. On m'a pourvu d'un cœur peu content de lui-niéme, Inquiet et fécond en nouvelles amours ; Il aime à s'engager, mais non pas pour toujours. V. 10. Pioperce, II, xxii :

Iiiterea nostri quirrunt sibi vulnus ocelli ,

Candida non lecto peetore si qua sedel, Sive vagi erines puris in frontibus errant,

Indica quos niedio vcrtice gemma tenet.

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