‹ PoésiesChapitre 45 sur 341 · V. 53. Éd. 1826 et · texte numérisé non relu

V. 53. Éd. 1826 et

L'enfant la voit de loin dans le fond du portique.

La correction était heureuse; elle évitait la confusion clans les rapports des pronoms.

V. 54. « Antique; » ce seul mot suffirait au statuaire pour tailler dans le marbre les traits de la vieille affranchie. — Chez les anciens, on suppliait en posant les mahis sur le visage de la personne cpi'on implorait; voy. Euripide, Hcctthe, 34 i.

V, 55. « Indulgente, » avec le sens latin, qui accorde volontiers, complaisante- Chénier emploie toujours ce mot avec sa signification primitive.

Oui, qu'à ton protégé ta fête soit ouverte. «5

Ta mère, mon élève (inestimable perte!),

Aimait à soulager les faibles abattus :

Tu lui ressembleras autant par tes vertus

Que par tes yeux si doux et tes grâces naïves. »

Mais cependant la nuit assemble les convives : 70

En habits somptueux d'essences parfumés,

Ils entrent. Aux lambris d'ivoire et d'or formés,

Pend le lin d'Ionie en brillantes courtines ;

Le toit s'égaye et rit de mille odeurs divines.

V. 66. Le mot élève ne s'emploie pas en français avec le sens de » nourrisson » que lui donne André, et qui est celui de Tpocpôç; voy. Homère, passîm. — Éd. 1826 : Ta mère, mon élève (irréparable perte l).

V, 70. Le passage qui suit est dû à de multiples inspirations. Dans cette description de vingt vers, il n'y a pas un mot de trop, pas un mot qui ne prête à de longs commentaires archéologiques. Voici les vers de CaluUe, LXIV, 43, dont les différents traits se retrouvent dans la description de Chénicr :

Ipsius at sedes, quacunque opulenta recessit Regia , fulgcnti splendcnt auro , atque argento. Candet ebur soliis; coUucent pocala mensis ; Tota domus gaudet regali splendida gaza. Pulvinar vcro Divae géniale locatur Sedibus in mediis , Indo quod dente politum Tincta fegit roseo coiichyli purpura fuco.

Cf. Virgile, Enéide, I, 637.

V. 71. Non-seulement se couvrir de parfums et en brûler était un usage répandu chez les anciens (Athénée, 111, XXI, p. 101, C) , mais encore il aurait été inconvenant de vouloir s'y soustraire (Athénée, IV, xxvil, p. 178, F).

V. 72. Détails exacts ; Bacchylide (ap. Athénée, II, m, p. 39, F) : Xpuaw ô' èXéçavTÎ xs (jLapfxaîpouffiv olxoi.

Nous donnons la leçon de Fayolie. M. de Latouche avait mis : Ils entrent. Aux lambris d'ivoire et d'or semés. V. 74. On a critiqué ce vers comme antihomérique *. Cette hardiesse, homérique d'ailleurs, est commune à tous les poètes. André, ce qu'a fait remarquer M. Saintelieuve, Portr. litt. a traduit exactement ce vers de Catulle, LXIV, 286 :

Quels pcrmulsa domus jiicundo risit odore. Il avait d'ailleurs l'exemple d'Horace, Od. IV, xi : » Ridet argento domus. »

C) M. Ponsard , Études anliques.

La table au loin circule, et d'apprêts savoureux 75

Se charge. L'encens vole en longs flots vaporeux ; Sur leurs bases d'argent, des formes animées Elèvent dans leurs mains des torches enflammées ; Les flgures, l'onyx, le cristal, les métaux, En vases hérissés d'hommes ou d'animaux, 80

Partout, sur les buffets, sur la table étincellent ; Plus d'une lyre est prête ; et partout s'amoncellent

Et Chénier, comme Catulle et Horace, se souvenait d'Hésiode, Tliéog. 40 :

'•(ù^à. 8e T£ ôcj')[j.aTa uaTpôç "

et d'Homère, Hjm. à Apollon, 118 :

[j,£t6Yi(T£ 5e yaï' ÛTtévepôev •

passage que n'ont pas craint d'imiter Théogiiis, 5, et Miltou, Par. perd. VHI. Virgile, dont le goût est si pur, a dit, Enéide, I, 707 :

Tyrii pcr limina lœta fréquentes.

D'ailleurs, ici-bas, l'homme ne se plait-il pas à animer toute chose de sa douleur et de sa joie ? le printemps accourt, et nous voyons avec Ronsard {Am. \, xxvii)

Toute chose rire en la saison nouvelle, le lac (Schiller, G. Tell, I) : Es lâchelt der See ; les ûeurs, (Pétrone, CXXVH) : Riserunt lilia ; les flots (Lucrèce, I, 8) : Rident œquora ponti ; la nature, Nonnus {Dio/iys. VI, 387) : Kal çûat; â.'\i iyélaryaz ; tout enfin (Virgile, Egl. VII, 55) : Omnia nunc rident ; jusqu'aux astres (Stace, Ach. I, 643) : Risit chorus omnis ab alto astrorum. Mais, plus hardi encore, Eschyle, Edoniens (ap. Longin, de Subi. XIII) , anime un palais de la fureur bachique. Longin semble le blâmer de cette hardiesse ; elle est grande sans doute, mais de celles que les poètes chérissent. Au surplus, les Grecs et les Latins ne sont pas les seuls que tentent ces images audacieuses ; on en rencontre de semblables à chaque pas dans les poètes juifs : Isaïe, XIV, II, 8 , et XXIV, i, 7 ; le Psalmiste, XCVII, 8, etc.

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