‹ PoésiesChapitre 63 sur 341 · V. 24-25. Dans Y Iliade, \, 362, Thétisdit à Achille · texte numérisé non relu

V. 24-25. Dans Y Iliade, \, 362, Thétisdit à Achille

TÉxvov, TÎ y.Xaîeii;; Tt Se ae çpéva; 'r/eto TtsvOoç; èÇaûôa, \s.r\ xeùôe ^ôm, tva efôofiev a[jLipw.

V. 28. Expression fréquente chez les tragiques; Euripide, lIcc. 203 :

OùxÉTi aot Ttoiç aSe

Cf. Euripide, Aie. 270 ; Sophocle, Trac/t. 1 1(>2 ; Kaciue, Phèdre, 11, v. V. 34. Euripide, Hipp. 201:

Bapû [jLOt xeça^Y^ç êTiîxpavov lytvi ' âçeX', à[A7t£Ta(jov p6(TTpux°'' (l')[xoi;. Cf. Ovide, Met. XXI, 69; Racine, Phèdre, 1, m. — Berlin, Àm. I, il :

Le plus léger tapis m'importiine et me pèse. En français, le mot tapis se dit spécialement des tissus qui recouvrent les planchers et les tables. André l'emploie comme synonyme de « couverture», avec le sens du latin tnpexc\ du grec T.6.v.y\c. ; c'étaient des étoffes de laine (Pline, VlII. l.XXlll) qu'on élcn-

Tout me pèse et me lasse. Aide-moi, je me meurs. 35 Tourne-moi sur le flanc. Ah ! j'expire! ô douleurs !

— Tiens, mon unique enfant,mon fils, prends ce breuvage;

Sa chaleur te rendra ta force et ton courage.

La mauve, le dictame ont, avec les pavots,

Mêlé leurs sucs puissants qui donnent le repos ; 40

Sur le vase bouillant, attendrie à mes larmes.

Une Thessalienne a composé des charmes.

Ton corps débile a vu trois retours du soleil

Sans connaître Cérès, ni tes yeux le sommeil.

Prends, mon fils, laisse-toi fléchir à ma prière; 45

C'est ta mère, ta vieille inconsolable mère

Qui pleure ; qui jadis te guidait pas à pas.

T'asseyait sur son sein, te portait dans ses bras ;

dait sur les lits (Virgile, Enéide, IX, 325) ; voy. surtout le passage de l'Odyssée , IV, 298, où les tapis sont distingués des couvertures et des toisons.

V. 36. Dans Sophocle, Trach. 1041, Hercule, près de mourir, laisse échapper les mêmes plaintes que le jeune malade. Tout lui pèse, tout le lasse, et il demande à Hyllus de l'aider à se tourner sur le flanc.

V. 39. Le dictame, c'est la plante que Vénus va cueillir sur l'Ida pour guérir les blessures d'Énée ; voy. Virgile, Enéide, XII, 412; cf. Le Tasse, Ger. lib. XI, Lxxii. — Le dictame avait des propriétés multiples; voy. Pline, XXV, vill, et XXVI, viii. — Voyez l'exposition de ses propriétés salutaires et de ses nombreuses applications dans ce qui nous reste des poésies didactiques de Servilius Damocrate.

V. 42. TibuUe, I, v, rappelle qu'au chevet de Délie malade il a invoqué le secours d'une magicienne. On sait que la Thessalie produisait en abondance les herbes dont ou se servait dans les incantations, et était renommée pour ses magiciennes. Voy. Apulée, Met. II, init.

V. 44. « Sans connaître Cércs. » C'est à-dire sans prendre de nourriture. L'emploi de « Cérès » pour « le pain » est très-fréquent en latin. Dans Virgile, Enéide

I, 701, les servantes tirent Cérès des corbeilles.

V. 46. L'accumulation des épithètes est beaucoup plus fréquente dans les langues synthétiques. Ronsard, qui en offre beaucoup d'exemples, a dit dans la Franciade ,

II, 154 : « Une importune outrageuse tempête; » et Marot, Elég. XI : « 0 douce noire nuict. » Ici la double épithète qu'emploie André est belle et touchante.

Que tu disais aimer, qui t'apprit à le dire ;

Qui chantait, et souvent te forçait à sourire 50

Lorsque tes jeunes dents, par de vives douleurs,

De tes yeux enfantins faisaient couler des pleurs.

Tiens, presse de ta lèvre, hélas ! pâle et glacée,

Par qui cette mamelle était jadis pressée,

Un suc qui te nourrisse et vienne à ton secours, 55

Comme autrefois mon lait nourrit tes premiers jours.

— O coteaux d'Érymanthe ! 6 vallons, ô bocage !

O vent sonore et frais qui troublais le feuillage.

Et faisais frémir Tonde, et sur leur jeune sein

Agitais les replis de leur robe de lin ! 60

De légères beautés troupe agile et dansante !

Tu sais, tu sais, ma mère , aux bords de l'Érymanthe...

Là, ni loups ravisseurs, ni serpents, ni poisons.

O visage divin ! ô fêtes ! ô chansons !

Des pas entrelacés, des fleurs, une onde pure... 65

Aucun lieu n'est si beau dans toute la nature.

Dieux ! ces bras et ces fleurs, ces cheveux, ces pieds nus

V. 67. VÉrymanthe est un des affluents de l'Alphée, en Arcadie; il prenait sa source au mont Lampée (Pausanias, VIII, xxiv), dans la chaîne appelée l'Érymanthe. C'est un des noms chers aux poètes de la Grèce; Pausanias, V, vil, nomme les affluents de l'Alphée â?toi uoTaji-of. Callimaque, Hjm. à Jiip. 19, appelle l'Érymanthe XeuxÔTaTo; TtoTaji-wv.

V. 58. •< Vent sonore. » C'est l'expression grecque Xt^ù; oupoç. Voy. Homère , paxs'im.

V. G3. Ce passage est dû à un double souvenir de Virgile, Egl, V, 58 :

Ergo alacris silvas et cetera rura voluptas Panaque, pastoresque tcnet, Dryadasque puellas. Ncc lupus insidias pccori , ncc relia ecn is Ulla dolum muditantur

et Gcorg.W, 151

At rabidx tigres absunt , et saeva leonum Scmina ; neo miserns fallunt aennila lepentos.

Si blancs, si délicats ! je ne les verrai plus ! Oh ! portez, portez-moi sur les bords d'Érymanthe , Que je la voie encor, cette nymphe dansante! 70

Oh ! que je voie au loin la fumée à longs flots S'élever de ce toit au bord de cet enclos ! Assise à tes côtés, ses discours, sa tendresse. Sa voix, trop heureux père ! enchante ta vieillesse. Dieux ! par-dessus la haie élevée en remparts , 75

Je la vois, à pas lents, en longs cheveux épars. Seule, sur un tombeau, pensive, inanimée. S'arrêter et pleurer sa mère bien-aimée. Oh ! que tes yeux sont doux ! que ton visage est beau ! Viendras-tu point aussi pleurer sur mon tombeau ? 80 Viendras-tu point aussi, la plus belle des belles, Dire sur mon tombeau : Les Parques sont cruelles !

— Ah ! mon fils, c'est l'amour ! c'est l'amour insensé Qui t'a jusqu'à ce point cruellement blessé ? Ah! mon malheureux fils! Oui, faibles que nous sommes, 85 C'est toujours cet amour qui tourmente les hommes. S'ils pleurent en secret, qui lira dans leur cœur Verra que cet amour est toujours leur vainqueur. Mais, mon fils, mais dis-moi, quelle nymphe dansante.

V. 70. Nous donnons ce vers tel qu'il est dans le manuscrit , selon le témoignage de M. Emile Deschamps. Toutes les éditions portent :

Que je la voie encor, cette vierge cliarmante I C'est une correction de M. de Latouche, qui n'avait sans doute d'autre but que de contraindre la rime à une inflexible et stérile richesse. — Ici l'emploi du participe en adjectif est poétique en même temps que très-juste : le jeune malade la voit toujours dansante, cette jeune nymphe qu'une seule fois peut-être il a vue dansant dans les chœurs.

Page 1