UN RÊVE D'UNE NUIT D'ÉTÉ
Longtemps, hier, je n'ai pu m'endormir. Je me levais, j'ouvrais la fenêtre... La nuit muette me brûlait, me faisait languir et m'enivrait de l'arôme des fleurs.
Mais, tout à coup, les buissons tressaillirent soua ma fenêtre; avec bruit s'ouvrit le rideau... Un beau jeune homme s'élança vers moi, la figure resplendissante comme s'il était un rayon de lune. Les murs de ma chambrette s'écartèrent et der^ rière eux apparurent des colonnades; et dans des pyramides de roses, des théories de feux s'allumèrent en des vases d'albâtre.
L'hôte merveilleux s'approchait de mou lit el me parlait avec un timide sourire: — Pourquoi, devant moi, plus vite qu'un petit poisson effrayé, t'es-tu plongée dans les coussins ?
Retourne-toi! je suis le dieu des visions et des] rêves, l'ami secret de la vierge pudique, et c'est moi qui le premier t'ai apporté les délices célestes... pour toi, pour ma reine...
11 me parlait et de ses mains, il attirait vers lui mon visage ; il embrassait avec chaleur ma jou et sa bouche cherchait la mienne.
FANTAISIES 23
Sous son haleine je défaillis; mes bras s'ouvrirent sur ma poitrine ; et, comme des sons lointains de harpe, mes oreilles me criaient ces mots: Tu es à moi, tu es à moi !
Les heures coulaient... J'ouvris les yeux : ma chambrette était déjà inondée par l'aurore... Je suis seule, je tremble... mes cheveux se sont défaits... je ne sais pas ce qui m'est arrivé...