L'ORPHELINE
Aux sons des cloches matinales, quand les prairies sommeillaient encore dans la pénombre et que le ciel s'éclaircissait déjà, elle traversait le champ. Son cœur, dirait-on, chantait son hymne du dimanche, et le ciel et la terre semblaient lui répondre, — et elle leur souriait... elle chuchotait avec l'oiseau qui volait autour d'elle, et échangeait de tendres regards avec l'étoile du matin ...
L'étoile orpheline est donc un peu sa parente ! Son éclat est d'une lueur aussi pure et mystérieuse que son âme ; perdue quelque part entre le soleil et les autres étoiles, elle ne brille de tout son éclat dans sa couronne d'or que quand elle est seule dans le ciel.
Dieu les protège toutes les deux — la petite sait bien que du haut du ciel l'archange invisible veille sur elle et que si un homme méchant ou un démon s'approchait d'elle, tout de suite il porterait sa main à la poignée de son glaive.