‹ PoésiesChapitre 68 sur 80 · CHŒUR · texte numérisé non relu

CHŒUR

Saisissez, saisissez au vol les heures de jouisance! Pressez-vous, pressez-vous de vivre cet nstant ! Comme les insectes au soleil, dans Féther, n essaims se tournent et étincellent, nous, les leures, nous brillons un instant dans le monde, - profitez-en, attrapez-nous, sinon nous nous

HVOlonS ! (Les danseuses s'éloignent.)

CLAUDIUS (jeune patricien, aux danseuses qui viennent de passer devant lui)

Nous vous attraperons bien ! . . . mais en attendant (jouissons de ce que nous avons sous la main », î'est ainsi que la sagesse nous enseigne. Et devant nous se trouvent la corne dabondance et le fleuve d'oubli de toutes les sciences naturelles ! Je

suis venu ici au flair: les odeurs seules vous crie à un mille : « C'est par ici, passant. »

LELIUS (uu autre jeune patricien)

C'est dommage, on a beau se donner du ma mais on ne mangera pas pour deux!

CLAUDIUS

Oh! deux doigts dans la bouche et on peut n commencer ! Mais quand toute la Rome fémink fera irruption ici, ce n'est qu'alors que сои mencera la vraie orgie !.„ (n déclame о « Les mel dégoûteront, le vin seul ne trahit pas ! Ghloé a bras, ou Daphné — qu'importe ! les flûtes ! le trompettes! Bruit et vacarme, des chants, de danses! Tout à l'envers! Tourbillon dans la têt et dans les sentiments et chaos tout autour! »

LELIUS

Ce brave Decius! mais c'est dommage qu'il 1 meure qu'une fois !

CLAUDIUS

Et mon vieux père, ma désolation, mon désespoir — il prospère ! A un dîner il en mange trois, et avec un astrologue, jusqu'à l'aube, compose toujours des horoscopes !... Il a peur de la mort! je ne cesse de lui répéter que c'est la mort quia

îur de lui... Ce n'est pas chez les Barbares qu'un ieillard va traîner ainsi : ils immolent leurs îres avec pompe, devant les dieux et devant tout i peuple, et les vieux considèrent cela comme un rand honneur !

LELIUS

Ici, ce sont les vieux qui font les lois et là, il araît que ce n'est pas eux! (on rit.)

1LLUS (Un avocat, qui se promène avec un autre avocat, Hipparque. En s'arrêtant près du Grand-Prêtre et en désignant de sa main toute la société, il termine leur entretien par une tirade enflée.)

Regardez combien nous sommes : je suis Gau- 3is, voilà un Suève, tu es Thessalien, celui-ci ient de l'Egypte, l'autre est un Syrien... mais u avons-nous donc de commun avec l'Egypte, vec la Gaule, des pays où nous aurions grandi n sauvages sans la gloire de Rome !... Nous ayant ondus dans un bloc par sa langue, par sa loi, par sa iberté, Rome a rendu le monde habitable au genre штат ! Et quoique nous soyons tous de naions différentes, étant les citoyens du monde îous considérons l'univers comme notre patrie.

HIPPARQUE (d'un ton de rhéteur à effet)

La concorde s'est établie dans le monde dont le centre est César. De lui ont jailli des rayons vers toutes les fins de la terre, et là où ils ont passé ont

apparu le commerce, la toge, le cirque et le ti bunal, et éternelles courent à travers les déser les voies romaines!

LE GRAND-PRÊTRE ENNIUS (vieux, se retournant vers les dei avocats, avec persuasion, à haute voix pour être entendu de tous.L jeunes patriciens Claudius et Lelius s'approchent du cercle.)

Tout a Гаіг bien, au premier coup d'œil, mai voilà le mal : les dieux s'en vont ! Partout I oracles se taisent! A Delphes, par exemple : on introduit par force la Pythie dans le sanctuaire elle se tait, pâlit, la sueur coule abondammen sur son front ; tous attendent, quand tout à cou] elle se précipite de la grotte avec un cri terribl et meurt en tombant! La foi dans les dieux a di minué et les dieux nous quittent, nous abandon

nant aUX hasards du SOrt. (Les rhéteurs sourient.) GALLES (ironique)

D'autres sont déjà morts !

LE GRAND-PRÉTRE

Le jour et l'heure sont notés dans les annales de la ville : Sous Auguste, vers sa fin, un vaisseau marchait en mer quand un calme plat se fit, et les marins attendaient le vent devant un îlot quelconque. Subitement, dans l'espace de la mer et des cieux, de la petite ile se fit entendre une voix qui fit tout trembler — et les nuages et la surface

i eaux; comme en chœur cent mille trompettes i cuivre résonnèrent ensemble et proclamèrent monde : « Le grand Pan est mort... » Et la ix se répéta trois fois. J'ai entendu moi-même marin en témoigner : Tibère Га appelé et j'ai :tuellement inscrit ce fait dans les annales du uple romain.

GALLÙS

Ce ne sont pas les dieux qui abandonnent le mde, mais les superstitions...

CLAUDIUS (à ses amis)

J'aime ça; à peine la fête s'anime-t-elle, qu'on

JDUte... (Apercevant des esclaves qui apportent des faisans rôtis.)

I reste, les faisans arrivent et les ennemis se

Sent! (Chacun reprend sa place.) LELIUS

II existe tout de même des faits, qui vous routent complètement...

CLAUDIUS (l'interrompant)

Gomment donc! par exemple, les dettes.

LELIUS

Il est arrivé chez nous la semaine dernière...

CLAUDIUS (se levant et désignant en riant Lelius

Tu as porté une offrande la semaine dernièi et tu t'en es caché ! avoue-le.

LES JEUNES PATRICIENS (riant;

Non! est-il possible!

CLAUDIUS

On raconte que c'était un chevreau...

LELIUS (confus)

Ma mère ma envoyé... Ecoutez donc ce que vais vous raconter. Comme vous savez, dans jardin, chez nous existe une grotte. Unemagnifiq salle de festin y est installée, et l'autre jour régalais quelqu'un...

CLAUDIUS

Ah ! Dionée. Et demain à mon tour je fais fête avec elle ! (и déclame.; « Donnez-moi le myi de Cypride ! A quoi me servent les guirlandes fleurs ! »

LELIUS (ne faisant pas attention à Claudius)

Nous y restons, et tout à conp nous entendo un gémissement. D'où venait-il ? en s'approcha oujours. il semblait sortir de sous terre...

CLAUDIUS (déclame)

Pluton bat Proserpine et Proserpine gémit. »

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