‹ PoésiesChapitre 53 sur 74 · LA NATURE · texte numérisé non relu

LA NATURE

J'ai voulu te coucevoir seule Dans mon cerveau régénéré, Grande Nature, auguste aïeule Qui dors au fond du bois sacré ;

Et j'ai chassé de la lumière Que filtrent tes yeux d'or mi-clos, La vision qui, la première, Apprit à mon sein les sanglots ;

Le spectre de la sœur amère Que ton flanc jette à notre cœur.

Ta cruelle image, ô ma mère!

La Femme, fantôme vainqneur!

LA VIE DES CHOSES. Ilb

En vain, je l'ai chassé dans l'ombre Qne répand snr le bois épais, Avec ta chevelure sombre, L'heure de la nocturne paix :

(^.ar en moi vous êtes entrées, Plus poignantes que mes amours, 0 tristesses des nuits sacrées Pleurant sur le berceau des jours!

De vous, ô langueurs éternelles !

En moi quelque chose est resté, 0 lassitudes maternelles Des tristes flancs qui m'ont porté !

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