LES BONHEURS DE SA VIE
Du roi Gygès que me fait l'opulence?
Je n'ai point le désir de l'or.
Quant aux tyrans, qu'ils gardent leur puissance!
Je la voudrais bien moins encor.
Parfumer d'huile et de senteurs divines
Ma barbe lisse et mes cheveux,
Ceindre mon front Je roses purpurines,
Amis, voilà ce que je veux! Du présent seul mon âme se soucie;
Eh ! qui connaît le lendemain ?
Cueillons la joie aux vignes de la vie,
La rose aux buissons du chemin !
Puisqu'en ce jour le sort veut te sourire,
Fête en buvant le beau Bacchus!
La mort, soudain, peut t'apparaître et dire
« Couche-toi! tu ne boiras plus! »
SUR LUI-MEME
Toi, de Thèbes dis les conquêtes!
Toi, la Phrygie et ses guerriers!
Préférant le myrte aux lauriers,
Moi, je veux chanter mes défaites!
Gloire aux vainqueurs qui m'ont dompté!
Ils vont armés de leur beauté,
Ht leurs armures sont légères.
Ni marins aux fortes galères,
Xi fantassins au bras d'acier,
Xi combattants .m prompt coursier
AN ACRlhlN l IQUES 91
N'auront soumis mon cœur rebelle, (.".eux dont le joug m'est glorieux. Guerriers d'une espèce nouvelle, Lancent des flèches par les yeux!