A B AT H Y L LE
Viens, B.nhylle, assieds-toi sous ce mobile ombrage. Vois le bel arbre! Svelte il s'élance, et le vent Se joue avec mollesse en son léger feuillage. L'ne eau vive à ses pieds coule et chante en coulant, Et mêle aux bruits rêveurs qu'exhalent les ramures
Les rythmes clairs de ses murmures.
Assieds-toi : cette source invite à l'écouter. Quel voyageur ici ne voudrait s'arrêter >
SUR l'or
Si des mortels l'or prolongeait la vie,
Avoir de l'or serait ma seule envie,
Et le garder mon plus constant effort;
Et quand viendra l'heure amère où la mort,
Apparaissant, me dira de la suivie,
Je répondrais : « Prends tout, laisse-moi vivre ! »
96 LES il' A V E S
Mais puisque l'or ne peut nous racheter Du noir Hadès qui jamais ne pardonne, Pourquoi gémirr pourquoi se lamenter?
A quoi bon l'or et les soucis qu'il donner N'y songeons plus! Pour moi, j'aime bien mieux, Près des amis dont la verve m'inspire, Chanter, Bacchusl ton nectar radieux; Ou sur ma couche, aux bras d'une hétaïre, Fêter Cypris, reine et fille des Dieux!
s 0 K LUI- M E M E
Je suis né mortel et la vie est brève ; Cueillons le présent, le reste est un rêve. Ce qu'un jour apporte un autre l'enlève: Qui sait l'avenirr
Adieu donc, soucis! loin de moi, tristesse! Chantons, enivrés d'une double ivresse, I I lieu de la vigne et de la jeunesse : La mort va venir!
LES AN Ai. « l' ON TIQUES 1)7