LES EFFETS DU VIN
Les flèches du jour dispersent la nuit ; Où parait Bacchus le chagrin s'enfuit.
Dès qu'il verse en moi ses jeunes ivresses, Soucis et regrets, tout s'évanouit :
De Crésus je crois tenir les riches
Je crois d'Apollon posséder la voix.
Mollement couché, le front ceint de lierre, Je ris en mon cœur du sceptre des rois, Je foule à mes pieds leur tristesse altièrc. Libre et radieux, je chante et je bois, Et des noirs soucis s'éloigne la troupe. Volez aux combats, je vole à ma coupe ! Enfant, remplis-la de vin jusqu'au bord. 11 vaut mieux cent Ibis être ivre que mort!
SUR LUI-MÊME
Ce fils de Jupiter qui réjouit le cœur
Et bannit les chagrins moroses, Le Dieu père du vin, des Grâces et des roses,
Dés qu'il verse en moi sa liqueur, Dès que circule en moi son esprit qui m'enivre, Je sais danser, je danse, et de me sentir vivre
Combien grande est la volupté !
Et je lui dois d'autres ivresses :
Au milieu des chansons, filles de la g ai té,
Et des rires de la beauté, Cvpris aussi m'agrée et ses molles caresses; Et j'exhale en ses bras nia douce ébriété.
[.ES A NACRÉON TIQUES 99