‹ Poésies (volume 2)Chapitre 29 sur 91 · LES A N A C R 1. O \ I' I Q U E S · texte numérisé non relu

LES A N A C R 1. O \ I' I Q U E S

Au silence parlant, si ion art est fidèle. Son cou. Fais-le plus blanc que celui d'Adonis. Fais ouverte et placide et grande sa figure. Donne-lui la poitrine et les mains de Mercure, Les cuisses de Pollux, le ventre aux flancs unis De Bacchus. Montre aussi sa puberté naissante, Où couve de Paphos la flamme incandescente. Mais rebelle est ton art à montrer le contour De son dos modelé par les doigts de l'Amour. Que dire de ses pieds dans leur grâce célère? Et maintenant, quel prix te faut-il, quel salaire? Demande, et tu l'auras des mains d'Auaeréon... Peins donc cet Apollon que tu vois en Bathylle, Et si jamais tu vas à Samos, peintre babile, Fais de Bathylle un Apollon !

SUR L U I - M E M E

Je me plais au rire ainsi qu'aux chansons. Qu'un groupe enjoué de jeunes garçons D'un vin trempé d'eau m'apporte une coupe, Je vois des chagrins s'éloigner la troupe. A quoi bon se plaindre et pourquoi gémir? Noyons la tristesse au fond de la coupe.

Que sait-on des jours?- — qu'il nous faut mourir! Avant que l'Hadès nous prenne à la terre. Des plaisirs vidons la coupe éphémère.

La rose est d'un jour, il faut la cueillir : Ses parfums sont doux à qui doit mourir! Le front couronné de rouges verveines, Noyons les chagrins dans les coupes pleines. Enfants beaux et frais, joyeux échansons, D'un nectar riant emplissez ma coupe; .Mêlant à vos chants la flûte aux doux sons, Des ennuis chassez loin de moi la troupe! Je nie plais au rire ainsi qu'aux chansons.

l'amour enchaîné par les muses

Hros, le Dieu fertile en ru

Surpris un matin par les Muses,

Et Je chaînes de fleurs lié,

A la Beauté fut confié.

Et maintenant Cypris, sa mère,

La blonde Déesse aux seins blancs.

Apporte de riches pu

Et demande qu'on le libère.

Mais c'est en vain que, racheté,

Ou lui rendrait la liberté; Il s'est fait a son doux servage :

Le Dieu captif de la Beauté Préfère à tout son esclavage.

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