‹ Poésies (volume 2)Chapitre 34 sur 91 · SUR EU ROTE · texte numérisé non relu

SUR EU ROTE

Enfant, ce lier taureau, c'est Jupiter lui-même La jeune Sidonienne assise sur son dos,

LUS ANACRliONTIQUES IO7

Il fend la vaste mer, et l'écume des flots Caresse les pieds blancs de la vierge qu'il aime. Ht quel taureau jamais a traversé la mer A bouds impétueux, si ce n'est Jupiter?

SUR LA BON N i: V I E

Pourquoi m'enseigner des rhéteurs La verbeuse et vide éloquence?

due m'importe à moi la science Et l'art des sophistes menteurs!

Enseignez-moi plutôt à boire La grappe chère à Lyœus, A folâtrer avec Vénus Aux boucles d'or, aux bras d'ivoire !

Le front couvert de cheveux blancs, Je sens déjà le poids des ans :

Jouissons de l'heure éphémère!

Enfant, d'un vin que l'eau tempère Emplis ma coupe jusqu'aux bords!

Enivre mon âme et l'endors!

Bientôt cette coupe légère, Où chante l'essaim des plaisirs, Sera pour moi vide et muette :

D'un linceul couvre alors ma tète!

Les morts reposent sans désirs.

ioS LES i PAV IÎS

LE PRINTIM 1 S

Le dieu des jours fleuris, le dieu des vertes choses. Le printemps a posé sur les monts ses pieds nus; lit les Charités sœurs vont épandant les roses, Et la terre sourit, jeune comme Venus.

Eurus est de retour : l'ombre, entant du n Au doux vent de son aile a fondu dans les airs, Sur les moires de l'eau déjà le cygne nage; La grue au fond du ciel fait sa route et voyage, l.t dans sou lit d'azur s'endort le flot des mers; Et Phoibos resplendit, et, sous les deux ouverts, Resplendissent aussi les champs, travaux des hommes. Des vignes et des blés montent de frais atomes ; Le fruit de l'olivier se gonfle, et dans sa fleur. O Lyaeusl déjà nous sourit ta liqueur.

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