L AMOUR PIQUE PAR UNE ABEILLE
Cueillant des fleurs, Ëros ne vit pas, un matin, Dans le sein d'une rose une abeille endormie :
L'abeille lui piqua la main.
Aussitôt Fenfaut-dieu fuit la mouche ennemie,
Et jetant là son frais butin, rit criant, et courant, la figure éplorée.
Vers la charmante Cvthérée :
a Ma mère, je me meurs, dit-il, je suis perdu !
Un petit serpent m'a mordu, Serpent ailé, de ceux qui vont par les campagnes, Volant des frais vallons aux cimes des montagnes,
Pillant partout le suc des fleurs,
Et que parmi les laboureurs
On connaît sous le nom d'abeilles. »
Et Cvpris, souriant de ses lèvres vermeilles,
Répond à l'enfant courroucé :
« Si d'une abeille la piqûre Fait tant souffrir, Ëros juge du mal qu'endure
Le cœur que ta flèche a blessé. »