‹ Poésies (volume 2)Chapitre 51 sur 91 · CONTRE L OR · texte numérisé non relu

CONTRE L OR

Quand l"or me fuit, et souvent ce perfide

Aux plaisirs décevants Bien loin s'envole, et son aile est rapide

Comme l'aile des vents;

jamais alors, jamais ma voix n'invite

Le traître à revenir :

Mon ennemi fuit le toit que j'habite,

Pourquoi le retenir ?

Des vains soucis sa fuite me délivre.

Les semant par les airs, Je prends ma lyre et mon esprit s'enivre

A la coupe des vers.

Mais quand il voit quel dédain ma sagesse

A pour ses dons changeants, 11 me revient, l'infidèle, il me presse

D'accueillir ses présents.

Non! loin d'ici, trompeur fertile en ruses.

Loin de moi pour toujours!

A tous les biens je préfère les Muses,

Ma Ivre et mes amours.

.sLK LE PRINTEMPS

Qu'il i l plaines !

phyi j unes fleui

Y mêlent leurs molles haleines...

Parmi les zéphyrs et les Meurs

LES ANACRÉONTICiUES 127

Qu'il est doux d'errer par ces plaines Et doux d'aspirer leurs senteurs!

L.'i-b.is du Dieu fleuri des treilles Se gonflent les grappes vermeilles.

Heureux, sous la vigne abrité, Qui peut dans ses bras prisonnière Presser une jeune beauté Respirant Vénus tout entière!

SLR SA VIEILLESSE

Mes tempes ont blanchi, blanche est ma chevelure: La santé, la jeunesse à la rose figure

Ne marchent plus à mes côtés; Et vieilles sont mes dents, et morne ma paupière : Désormais pour jouir de la douce lumière

Bien peu de jours me sont comptés.

Et j'y songe souvent, et mon cœur se lamente; Car je crains le Tartare et sa plage inclémente,

Séjour aux vivants inconnu.

Y descendre est terrible, et, penser plus terrible Encor, du noir Hadès et de sa nuit horrible

Jamais mortel n'est revenu.

]28 LES El' AVE S

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