CONTRE L OR
Quand l"or me fuit, et souvent ce perfide
Aux plaisirs décevants Bien loin s'envole, et son aile est rapide
Comme l'aile des vents;
jamais alors, jamais ma voix n'invite
Le traître à revenir :
Mon ennemi fuit le toit que j'habite,
Pourquoi le retenir ?
Des vains soucis sa fuite me délivre.
Les semant par les airs, Je prends ma lyre et mon esprit s'enivre
A la coupe des vers.
Mais quand il voit quel dédain ma sagesse
A pour ses dons changeants, 11 me revient, l'infidèle, il me presse
D'accueillir ses présents.
Non! loin d'ici, trompeur fertile en ruses.
Loin de moi pour toujours!
A tous les biens je préfère les Muses,
Ma Ivre et mes amours.
.sLK LE PRINTEMPS
Qu'il i l plaines !
phyi j unes fleui
Y mêlent leurs molles haleines...
Parmi les zéphyrs et les Meurs
LES ANACRÉONTICiUES 127
Qu'il est doux d'errer par ces plaines Et doux d'aspirer leurs senteurs!
L.'i-b.is du Dieu fleuri des treilles Se gonflent les grappes vermeilles.
Heureux, sous la vigne abrité, Qui peut dans ses bras prisonnière Presser une jeune beauté Respirant Vénus tout entière!
SLR SA VIEILLESSE
Mes tempes ont blanchi, blanche est ma chevelure: La santé, la jeunesse à la rose figure
Ne marchent plus à mes côtés; Et vieilles sont mes dents, et morne ma paupière : Désormais pour jouir de la douce lumière
Bien peu de jours me sont comptés.
Et j'y songe souvent, et mon cœur se lamente; Car je crains le Tartare et sa plage inclémente,
Séjour aux vivants inconnu.
Y descendre est terrible, et, penser plus terrible Encor, du noir Hadès et de sa nuit horrible
Jamais mortel n'est revenu.
]28 LES El' AVE S