‹ Poésies (volume 2)Chapitre 62 sur 91 · L OISEAU NOCTURNE · texte numérisé non relu

L OISEAU NOCTURNE

Comme l'oiseau des nuits aux yeux lourds et funèbres,

Le Mal veille dans les ténèbres; C'est là qu'il tend son piège et grandit son pouvoir. L'innocence et le jour offusquent sa paupière :

Cache-toi donc dans ta lumière, Et l'infernal oiseau ne te saura point voir!

IJO LES EPAVES

l'arbre A G G M M I

Déchiré par le fer, arbre au noble feuilla

A l'homme, dont la main te mutile et t'outrage, Tu n'en verses pas moins ton ombre et ton trésor; Le flanc tout sillonné de profondes morsures, Par la lèvre béante où saignent tes blessures Ta sève coule en larmes d'or.

Poète, fais ainsi : sur la tourbe stupide Dont l'aveugle fureur t'insulte et te lapide, Te vengeant en bienfaits du làclie et du pervers, Dans l'angoisse ineffable où ton cœur se déchire, Laisse, o consolateur! laisse dans ton martyre Couler le baume de tes vers.

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