‹ Poèsies. Avec un commentaire inéditChapitre 118 sur 162 · POUR · texte numérisé non relu

POUR

M. LE DUC DE BELLEGARDE

,MOL"REUX D'CNE DAME DE LA PLUS HAUTE CONDITION QUI FIT EN FRANCE ET MEME EN EUROPE 2.

Mes yeux , vous m'êtes superflus :

Cette beauté qui m'est ravie Fut seule ma vue et ma vie, Je ne vois plus ni ne vis plus.

Qui me croit absent , il a tort :

Je ne le suis point, je suis mort.

1. strophe cliarmante. Racau, qui souvent imite Malherbe, dit d'un manière moins heureuse et moins originale :

Tout le reste de la journée

N'a rien d'égal à la douceur

Des plaisirs de la matinée. Berg . acte I.

A. CHEîilER.

2. Peut-être la jeune reine Anne d'Autriche, femme de Louis XIII. Le duc de Bellegarde n'avait pas craint d'être le rival d'Henri IV auprès de la belle Gabnelle. Édit.

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O (lu'en ce triste éloiîinement , Où la iK'cessité me traîne, F^es dieux me témoignent de haine Et m'affligent indignement !

Qui me croit absent, il a tort :

Je ne le suis point, je suis mort.

Quelles flèches a la douleur Dont mon ame ne soit percée ?

Et quelle tragique pensée N'est point en ma pâle couleur ?

Qui me croit absent, il a tort :

Je ne le suis point, je suis mort.

Certes, où l'on peut m'écouter, J'ai des respects qui me font taire; Mais en un réduit solitaire Quels regrets ne fais-je éclater !

Qui me croit absent, il a tort :

Je ne le suis point, je suis mort.

Quelle funeste liberté

Ne prennent mes pleurs et mes plaintes.

Quand je puis trouver à mes craintes

Un séjour assez écarté !

Qui me croit absent, il a tort •.

Je ne le suis point , je suis mort.

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