LIVRE QUATRIÈME
CONTENANT
LES riÈCES QUE L'ON N'A PU RANGER
socs AUCUNE DATE.
STANCES
POIR UNE MASCARADE.
Ceux-ci, de qui vos yeux admirent la venue, Pour un fameux honneur qu'ils i)rùlent d'acquérii Partis des bords lointains d'une terre inconnue , S'en vont au gré d'amour tout le monde courir. Ce grand démon qui se déplaît D'être profané comme il est, Par eux veut repuiger son temple ; Et croit qu'ils auront ce pouvoir, Que ce qu'on ne fait par devoir, On le fera par leur exemple.
Ce ne sont point esprits qu'une vague licence Porte inconsidérés à leurs contentements ;
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l/or de cet Agi; vieil, où régnuit l'innocence,
>'est pas moins en leurs niceuis qii'en leurs accuutrenicuts.
La foi , l'honneur et la raison
Gardent la clef de leur prison;
Penser au change leur est crime;
Leurs paroles n'ont |)oint de fard ,
Et faire les choses sans art
Est l'art dont ils (ont plus d'estime.
Composez-vous sur eux , âmes belles et hautes ; Retirez votre humeur de l'infidélité; Lassez-vous d'abuser les jeunesses peu cautes, Et de vous prévaloir de leur crédulité.
N'ayez jamais impression
Que d'une seule passion ,
A quoi que l'espoir vous convie.
Bien aimer soit votre vrai bien ,
Et, bien aimés, n'estimez rien
Si doux qu'une si douce vie.
On tient que ce plaisir est fertile de peines , Et ([u'un mauvais succès l'accompagne souvent ; Mais n'est-ce pas la loi des fortunes humaines, Qu'elles n'ont point de havre à l'abri de tout vent?
Puis cela n'avient qu'aux amours,
Où les désirs, comme vautours.
Se paissent de sales rapines;
Ce qui les forme les détruit ;
Celles que la vertu produit
Sont roses qui n'ont | oinl d'e|)ines.