IMITÉE DU LATIN DE HUGUES GROTIUS I
Trois ans déjà passés , théâtre de la guerre , J'exerce de deux chefs les funestes combats , Et fais émerveiller tous les yeux de la terre, De voir que le malheur ne m'ose mettre à bas.
A la merci du ciel en ces rives je reste , Où je souffre l'hiver froid à re>itrémité ; Lorsque l'été revient, il m'apporte la peste, Et le glaive est le moins de ma calamité.
i. Voiei les vers de Grotius :
Area parva Ducum, totus quam respicit orbis, Celsior una malis, et quam damnare riiinae Nune quoque fata liment, alieno iii littore reslo Tertius annus abit, loties muta\ imus hostem ; Sœvit biems pelago, morbisque fureniihus aestas; Et minimum est quod fecit Iber. Crudeiior armis, In nos orta lues; nullum est sine funere Tunns : Nec perimit mors una semel. Forluna, quid liajres? Quâ mercede lencs niixtos in sanguine raanes? Quis turaulos moriens hosoccupet, liosle perempto. Quacrilur, et sterilli tantum de pulvere pugna est. r.rotlus, né à Delfl en 1583, mort à llostotk eu l(»')5 Édit
5fi POKSIKS
Tout ce dont la Fortune afflige cette vie, Pêle-niôle assemblé, me presse tellement, Que c'est parmi les miens être digne d'envie Que de [loiivoir mourir d'une mort seulement.
Que tardez- vous, Destins? Ceci n'est |)as matière Qu'avecque tant de doute il faille décider; Toute la question n'est que d'un cimetière : l^rononcez librement qui le doit posséder.
STANCES