LE BOIS DÉTRUIT
Nymphes , pleurez ! pleurez : l'antique bois De son enfoiule a perdu le mystère.
Pleurez, Amours! le chêne solitahe Vous a voilés pour la dernière fois.
Je n'entends plus sous les vertes allées Des passereaux les joyeuses volées.
De ce séjour hôtes charmants et doux, Est-il aussi des proscrits parmi vous?
Le voyageur, trompé dnns son attente, Redouble en vain sa marche haletante, Implore en vain contre les feux du jour L'ombrage épais , disparu sans retour.
La jeune amante, à qui ce lieu retrace Le souvenir de l'amant trop aimé, Cherche de l'œil lasile accoutumé, Ne le voit plus, se tait, soupire, et passe. Malheur à toi, destructeur inhumain!
D'un dieu vengeur sur toi pèse la main. Il est un dieu qui préside aux campagnes, Dieu des coteaux , des bois et des vergers , Il règne, assis sur les hautes montagnes, Et ne reçoit que les vœux des bergers, Que les présents do leurs douces compagnes. A son signal, d'aimables messagers, Prenant l'essor, vont couvrir de leur aile La fleur naissante ou la tige nouvelle. A la clarté des célestes flambeaux.
Il \cilie au loin. Familles des oiseaux,
Tl recommande aux brises du bocage De balancer vos paisibles berceaux Dans la fraicbeur du mo])ilc feuillage.
M ne vcul pas que le froid aquilon Avant le temps jaunisse les fougères; ILne veut pas que les lis du vallon Tombent foulés sous le pied des bergères. Ce même dieu doit te punir un jour:
Il remettra sa vengeance à l'Amour; Et le zéphyr, exilé du feuillage, De la beauté dont ton cœur a fait choix Emportera la promesse volage, Comme son souffle emportait autrefois La feuille crranle au sein profond des bois Dont ta fureur a profané l'ombrage,