‹ Poésies. Avec une noticeChapitre 22 sur 121 · LA SOIRÉE · texte numérisé non relu

LA SOIRÉE

J'entends la cloche de la nuit Qui vers la cité nous rappelle ; Le char léger qui nous conduit Fend les airs : la route s'enfuit, Le plaisir s'enfuit avec elle.

Des simples charmes du vallon Aux pompeux ennuis du salon Il faut passer, ma bien-aimée ! Pour nous vingt flambeaux éclatants Vont remplacer dans peu d'instants Le demi-jour de la ramée.

Nous allons, pour de froids discours.

Graves à la fois et frivoles , Quitter ces entretiens si courts Et qui renfermeront toujours Plus de baisers que de paroles.

Mais, en dépit de tes atours, Mon souvenir tendre et fidèle Te reverra cent fois plus belle Dans la parure des amours.

A cet odorant diadème , Qui du front de celle que j'aime Égale à peine la fraîcheur, Je reconnaîtrai l'humble fleur Dont j'ornai sa tète chérie Avant de quitter la prairie Qui fut témoin de mon bonheur.

Pardonne ; mais sur ton visage

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