‹ Poésies. Avec une noticeChapitre 25 sur 121 · COMBAT D'HOMÈRE ET D'HÉSIODE · texte numérisé non relu

COMBAT D'HOMÈRE ET D'HÉSIODE

C'était dans la Chalcide. A ses festins funèbres Ganictor, appelant tous les chantres célèbres, Pleurait Amphidamas ; et des jeux solennels Achevaient d'apaiser les mânes paternels. Trois fois la nuit sacrée a fait place à l'aurore , Et le cirque poudreux vient de s'ouvrir encore. Les lutteurs sont armés de leurs cestes pesants ; L'huile coule à flots d'or sur leurs membres luisants , Cependant que , jaloux d'un glorieux salaire , Les chars ont déployé leur course circulaire.

Mais les derniers rayons du troisième soleil Vont d'un combat plus noble éclairer l'appareil ; Nouveaux Automédons ! d'une main empressée Sur les essieux brûlants jetez l'onde glacée ; Vers la crèche abondante emmenez les coursiers, Et séchez vos sueurs aux flammes des foyers. Que de ses longs efforts l'athlète enfin respire. Et vous, peuple ! écoutez : les maîtres de la lyre , Hésiode encor jeune , Homère déjà vieux , Se disputent le prix des chants harmonieux.

Du laurier d'Hippocrène une branche sacrée S'agile dans la main du poëte d'Ascrée ; En ces mots il commence , et ses nobles chansons De la lyre jamais n'empruntèrent les sons.

HÉSIODE

(I Sur le mont des neuf Sœurs je portais la houlette , Elles vinrent un jour, au milieu des troupeaux , Saluer le pasteur du doux nom do poëte ; Je visitai leur temple et portai leurs bandeaux.

HOMÈRE

» Une nuit, je rêvai que Toiseau du tonnerre , Vers les bords du Mêlés se jouant avec moi , M'emportait aux confins des cieux et de la terre , Et me disait : « La terre et les cieux sont à toi. »

HÉSIODE

I) Filles de Mnémosyne, augustes immortelles, 0 Muses ! vous serez mes dernières amours. Heureuse est la demeure oîi reposent vos ailes! La palme et l'olivier l'ombrageront toujours.

HOMÈRE

» Honneur au roi des dieux ! Autant le haut Gnrgare Surpasse les rochers enfoncés dans la mer ; Autant l'Olympe altier surmonte le ïarlarc ; Autant parmi les dieux domine Jupiter.

HÉSIODE

» Les Muses, vers le soir, entrelaçant leur danse, Couronnent l'Hélicon de leur groupe joyeux; Ou, montant vers l'Olympe, elles vont en cadoiice Savourer le nectar dans la coupe des dieux.

HOMÈRE

I! Jupiter ne meurt point; le sang de l'hécatombe Jamais ne rougira le marbre de sa tombe;

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