LE LILAS
Sur le bord d'un sentier ombragé de buissons Des thyrses de lilas penchent leur tête lasse ; La brise et les oiseaux, qui chantent dans Tespace, Viennent y parfumer leur aile et leurs chansons.
Soudain, cheveux au vent, un enfant mutin passe, Poursuivant un essaim de charmants papillons. . . Bientôt il voit les fleurs, sur elles fait main basse . Et la branche a perdu ses parfums, ses rayons.
168 Les Feuilles d'Erable
Le lilas, c'est pour nous le printemps, la jeunesse Avec tout son aronie et toute son ivresse Qui semblent éternels sous le ciel rayonnant ;
Mais un jour le sort passe au sentier de la vie, Il voit la fraîche fleur dont notre âme est ravie, Et, sourd à nos sanglots, remporte en ricanant.