‹ Poésies canadiennes (volume 2)Chapitre 8 sur 52 · A SULLY PRUDHOMME · texte numérisé non relu

A SULLY PRUDHOMME

O barde ! — un voyageur, égaré dans la plaine. Tombe, épuisé de soif, sur le pâle gazon .... Mais, comme son regard sonde eneor Thorizon, Il croit ouïr le bruit d'une source lointaine ; ^

Et bientôt, ranimé, sentant un doux frisson.

Le mourant se roidit, sur ses genoux se traîne. Et dans le creux d'un val, à Tombre d'un buisson. Il boit la vie au flot d'une fraîche fontaine.

44 Les Feuilles âJ Erable

Comme ce voyageur j'étais tombé brisé.

La soif de Tidéal brûlait mon cœur lassé,

Et rien ne charmait plus mon âme soucieuse ;

Mais j'entendis au loin votre luth résonner.

Aussitôt à vos chants, source délicieuse, Mon esprit s'en fût boire et se rasséréner.

A BENJAMIN SULÏE

Sans crainte, le mineur s'enfonce sous la terre,, Cherchant, presque à tâtons, le filon précieux , Mais 1 émotion fait trembler Taudacieux, Quand son pic rebondit sur le quartz aurifère.

Il tressaille de joie en face de la pierre

Où Tor brille pour lui comme un reflet des cieux.

Il caresse aussitôt maint rêve ambitieux,

Et déjà Tavenir éblouit sa paupière.

46 Les Feuilles (T Erable

Vous êtes ce chercheur hardi, jamais lassé.

Vous fouillez constamment dans Tombre du passé .

Autour de vous souvent la nuit se fait bien noire ;

Et vous sentez frémir votre cœur satisfait, Si vous mettez la main tout à coup sur un fait Dont vous pouvez encore enrichir notre Histoire.

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